Christ règne aujourd’hui : une perspective amillénariste

Le sujet de la fin des temps a toujours suscité des débats au sein de l’Église. Faut-il attendre un règne terrestre de mille ans (le prémillénarisme) ? Un triomphe progressif de l’Église sur terre avant le retour de Christ (le postmillénarisme) ? Ou bien un âge dispensé par périodes strictes (le dispensationalisme) ?

Quelle que soit notre position, l’important demeure d’avoir reçu le salut par la grâce en Jésus-Christ. Il est aussi essentiel de reconnaître que les points de vue différents ont chacun leurs arguments bibliques et théologiques. Ce qui suit n’est pas exhaustif, mais seulement un très court résumé d’une position parmi d’autres.

Voici une présentation très succincte de quelques arguments en faveur de l’amilénarisme à prendre en considération dans notre réflexion sur le sujet.

Loin d’être une négation du règne de Christ, l’amillénarisme affirme au contraire que le « millénium » décrit en Apocalypse 20 est symbolique et spirituel, une réalité déjà en cours aujourd’hui. Voici pourquoi.


1. Apocalypse 20 : un langage symbolique

Le livre de l’Apocalypse est rempli de symboles :

  • Les chiffres, comme le « mille », sont souvent symboliques. Dans la Bible, « mille » représente la plénitude et la complétude (Psaume 90:4, 2 Pierre 3:8).
  • Le contexte d’Apocalypse est apocalyptique et non littéral. Lire « mille ans » comme un chiffre strict, alors que tout le reste est hautement symbolique, crée une incohérence d’interprétation.

L’amillénarisme comprend donc ces mille ans comme une longue période indéterminée, couvrant l’intervalle entre la première venue de Christ et son retour glorieux.


2. Christ règne déjà aujourd’hui

L’Écriture nous enseigne clairement que Christ est déjà Roi :

  • Éphésiens 1:20-22 déclare que Christ est élevé « au-dessus de toute autorité » et qu’Il règne sur toutes choses maintenant.
  • Matthieu 28:18 : Jésus affirme avoir reçu « tout pouvoir dans le ciel et sur la terre ».
  • 1 Corinthiens 15:25 nous dit que Christ « doit régner jusqu’à ce qu’il ait mis tous ses ennemis sous ses pieds ».

Le règne de Christ n’est pas futur : il est déjà actif, bien que son plein accomplissement soit encore à venir. L’Église, par son témoignage, participe à ce règne spirituel jusqu’au retour de Christ.


3. La nature du Royaume : « déjà, mais pas encore »

Jésus a inauguré le Royaume de Dieu lors de sa première venue. Son règne s’exerce spirituellement, dans le cœur des croyants (Luc 17:20-21). Mais nous vivons encore dans une tension entre le « déjà » et le « pas encore » :

  • Le Royaume est déjà là : Christ règne dans nos vies par son Esprit.
  • Le Royaume n’est pas encore pleinement manifesté : nous attendons le retour de Christ, où tout sera renouvelé (Apocalypse 21:1-4).

Cette vision correspond parfaitement à l’enseignement global du Nouveau Testament.


4. Une lecture unifiée du plan de Dieu

Le dispensationalisme divise le plan de Dieu en périodes distinctes et fait une séparation entre Israël et l’Église. L’amillénarisme, en revanche, affirme l’unité du peuple de Dieu :

  • Galates 3:28-29 : En Christ, « il n’y a ni Juif ni Grec », car tous sont unis par la foi.
  • Les promesses faites à Israël dans l’Ancien Testament s’accomplissent en Jésus-Christ et s’étendent à tous les croyants (2 Corinthiens 1:20).

Cela évite de « compliquer le plan de Dieu » et met l’accent sur la continuité de son œuvre rédemptrice.


5. Un message d’espérance et de réalisme

L’amillénarisme ne promet pas un « âge d’or » terrestre, ni une période future compliquée de souffrance avant un règne terrestre de mille ans. Il nous invite à :

  • Vivre dans l’espérance : Christ règne déjà, sa victoire est assurée (Jean 16:33).
  • Être réalistes : Les tribulations, la souffrance et les luttes spirituelles demeurent jusqu’au retour de Christ (2 Timothée 3:12).

Notre mission est de témoigner fidèlement, de persévérer et d’attendre avec joie le jour où Christ reviendra pour renouveler toutes choses.


Conclusion : Une vision équilibrée et biblique

L’amillénarisme ne réduit pas l’espérance chrétienne. Au contraire, il affirme que Christ règne déjà, que son Royaume est réel et actif, et qu’il reviendra glorieux pour établir une nouvelle création. Cette perspective est simple, fidèle à l’Écriture, et encourageante pour notre vie aujourd’hui.

Que nous vivions dans la certitude que Jésus-Christ est Seigneur des seigneurs, qu’il règne dans les cieux et qu’il reviendra pour nous emmener dans sa gloire éternelle.

« Maranatha ! » — Viens, Seigneur Jésus ! (Apocalypse 22:20).

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Comment comprendre ces deux textes en parallèle ?

Dans son commentaire Biblique sur l’Apocalypse (p.665 édition de l’institut Biblique de Nogent sur Marne), Sylvain Romerovski donne cette argument solide en faveur de Satan déjà lié, en expliquant que les textes sacrés mettent en évidence une série d’événements prophétiques qui suggèrent un enchaînement des forces du mal. Il souligne l’importance de comprendre la nature spirituelle de cette liaison, qui n’est pas seulement physique mais également symbolique, représentant l’incapacité de Satan à exercer son influence sur les croyants…

La comparaison avec 2 Thessaloniciens 2.1-11
Sylvain Romerovski dira : « Rappelons enfin une dernière considération qui pèse extrêmement lourd dans le débat entre prémillénarisme et amillénarisme, le parallèle entre Apocalypse 20 et 2Thessaloniciens 2.1-11, que récapitule le tableau suivant : »

2 Thessaloniciens 2 Apocalypse 20
L’Antichrist est présentement retenu jusqu’à ce que son heure soit venue (2.6-7). Satan est enchaîné pour mille ans (20.3).
Celui qui retient l’Antichrist disparaît (2.7). Satan est relâché (20.7).
L’Antichrist survient alors, trompe les gens par la puissance de Satan (2.9-11) et organise une grande révolte contre Dieu (2.3, 7). Satan trompe les peuples et les rassemble pour un ultime combat contre le peuple de Dieu (20.7-8).
Le Seigneur Jésus fait périr l’Antichrist et le réduit à l’impuissance au moment de sa venue (2.8). Un feu tombe du ciel pour consumer les armées rassemblées par le diable et celui-ci est jeté dans l’étang de feu d’un brasier de soufre (20.9-10).
Ceux que l’Antichrist a trompés sont condamnés (2.12). Les morts sont jugés et les incroyants, notamment ceux qui ont participé à la bataille finale conduite par Satan, sont condamnés à la seconde mort (20.11-15).

TH-CG

Publié par clayesouilly

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