L’origine du mal et la bonté parfaite de Dieu

La souffrance est une réalité omniprésente : maladies, guerres, injustices, catastrophes naturelles touchent tous les humains . Comment concilier l’existence de tant de mal avec la foi en un Dieu à la fois tout-puissant et parfaitement bon ? Cette question, souvent formulée ainsi – « Pourquoi un Dieu bon permet-Il le mal ? » – a traversé les époques. 

La Bible elle-même ne l’élude pas : le psalmiste s’écrie « Pourquoi…? », Job crie sa détresse, et les prophètes dénoncent l’injustice. Nous allons donc explorer ce que la Bible enseigne sur l’origine du mal, la réponse que Dieu lui apporte, et pourquoi Dieu permet que le mal existe pour un temps. En chemin, nous relierons ces enseignements aux souffrances bien réelles de notre monde, tout en découvrant les repères d’espérance et de foi que l’Évangile de Jésus-Christ nous offre.

Au commencement, tout était bon. La Bible affirme que Dieu a créé le monde et qu’à l’origine « Dieu vit tout ce qu’il avait fait et voici, cela était très bon » (Genèse 1:31) . Autrement dit, aucune trace de mal ou de souffrance n’était présente dans la création telle que Dieu l’a voulue. Même les créatures spirituelles (les anges) et les premiers humains créés par Dieu étaient bons à l’origine. Dieu est saint et bon, et il n’a pas créé le mal ni le péché. En effet, le mal n’est pas une « chose » matérielle que Dieu aurait fabriquée, c’est plutôt un manque ou une corruption du bien  – de même que l’obscurité est l’absence de lumière, ou que le froid est l’absence de chaleur .

Le don d’une véritable liberté. Si Dieu n’a pas créé le mal, comment le mal est-il même devenu possible ? La Bible nous montre que Dieu a créé des êtres libres. Par amour, il a doté les anges et les humains d’une volonté capable de choisir – d’aimer et obéir à Dieu ou de s’en détourner . Sans cette liberté authentique, l’amour et le bien n’auraient pas de sens. Dieu ne voulait pas de serviteurs agissant comme des robots programmés à faire automatiquement le bien . Il a donc permis la possibilité du mal, c’est-à-dire la possibilité pour ses créatures de faire un choix contraire à sa volonté. Cette liberté est un cadeau précieux, mais elle comporte un risque réel : celui d’un mauvais usage conduisant au mal. En résumé, Dieu a créé le bien avec la liberté, et non le mal – mais la liberté ouvrait la porte, en théorie, à l’entrée du mal.

La chute de Satan. Avant même la désobéissance du premier couple humain, la Bible laisse entendre qu’une rébellion s’est produite dans le monde spirituel. Un ange important – identifié plus tard comme Satan, le diable – a choisi par orgueil de s’opposer à Dieu. Bien que les Écritures n’en donnent pas un récit détaillé, elles y font allusion : certains anges ont péché et ont été précipités hors de la présence de Dieu . Satan lui-même aurait lancé et mené cette révolte céleste, ce qui fait de lui le tout premier pécheur . Jésus l’appellera « le père du mensonge » et « un meurtrier dès le commencement » , soulignant qu’il est à l’origine du mal. Important à noter :  Dieu n’avait pas créé Satan mauvais – il l’avait créé bon, comme tous les anges . C’est de l’intérieur de lui-même que cet ange a librement engendré le mal en se détournant de Dieu. Ainsi, l’histoire du mal débute par la rébellion d’une créature contre son Créateur.

La chute de l’humanité. Le mal fait son entrée dans notre monde lorsque les premiers humains, Adam et Ève, choisissent à leur tour la désobéissance envers Dieu. Dans le jardin d’Éden, un serpent tentateur (qui n’est autre que Satan manifesté « symboliquement » ) incite Ève à désobéir. Dieu avait pourtant donné un commandement clair pour leur bien, avec un sérieux avertissement : « Tu ne mangeras pas du fruit défendu… car le jour où tu en mangeras, tu mourras » . Malgré cela, le serpent réussit à semer le doute et le désir, et le couple commet l’acte fatal : « La femme prit de son fruit et en mangea; elle en donna aussi à son mari… et il en mangea » . Cet acte de péché (c’est-à-dire de désobéissance à Dieu) marque l’entrée du mal moral dans l’expérience humaine. Aussitôt, leurs yeux s’ouvrent sur leur faute, ils ressentent honte et peur, et se cachent loin de Dieu (Genèse 3:7-10). La conséquence annoncée s’abat : la mort fait son entrée dans l’histoire humaine. L’apôtre Paul résume ainsi ce drame originel : « C’est par un seul homme que le péché est entré dans le monde, et par le péché la mort » . En choisissant de croire le mensonge du tentateur plutôt que la parole de Dieu, l’humanité a ouvert la porte au péché et à tout le cortège du mal qui en découle.

Remarque. Parfois on demande : « Mais pourquoi Dieu a-t-il mis cet arbre défendu dans le jardin ? » On peut y voir justement la nécessité d’un vrai choix libre. Ce commandement simple permettait à l’homme et la femme d’exercer leur obéissance volontaire. Dieu ne les a pas piégés ; il les avait avertis avec amour du danger. Mais sans libre arbitre, leur obéissance n’aurait pas été un choix d’amour. Hélas, Adam et Ève ont mal employé cette liberté. Le mal trouve donc son origine dans la rébellion de créatures libres contre Dieu – d’abord Satan, puis l’humanité entraînée à sa suite. Dieu, lui, demeure pur et bon : « tout ce que Dieu a créé est bon » (1 Timothée 4:4) et « en lui il n’y a point de ténèbres » (1 Jean 1:5) . Le mal est né du mauvais choix des créatures, non d’une volonté de Dieu.

Un ordre bouleversé. La désobéissance de l’homme a brisé l’harmonie initiale. Le récit de la Chute (Genèse chapitre 3) montre que le péché d’Adam et Ève a entraîné plusieurs ruptures dans les relations fondamentales de la création  :

  • Rupture avec Dieu : la communion directe avec Dieu est rompue. Adam et Ève se cachent loin de Dieu, signe de la mort spirituelle (séparation d’avec Dieu) annoncée. Depuis lors, l’humanité naît avec une inclination au péché et éloignée de Dieu. La relation confiante et intime avec le Créateur a laissé place à la culpabilité, la peur et l’ignorance de Dieu.
  • Rupture entre les humains : le péché engendre aussi la discorde entre semblables. Juste après la Chute, Adam rejette la faute sur Ève (Genèse 3:12), introduisant le blâme et la méfiance. Au chapitre suivant, la jalousie mène Caïn à tuer son frère Abel. Ainsi, la violence, les conflits, les injustices et les guerres trouvent leur source dans le cœur humain marqué par l’égoïsme et la haine. Les relations humaines (famille, société) souffrent du mal moral – mensonge, haine, oppression – qui découle du péché.
  • Rupture en l’homme lui-même : séparé de Dieu, l’être humain fait aussi l’expérience d’une cassure intérieure. Honte, angoisse, désespoir, désordre des désirs – le mal affecte notre psychologie et notre âme. La Bible décrit le cœur de l’homme comme troublé et trompeur (Jérémie 17:9, Marc 7:21). Nos pensées et émotions sont souvent en conflit. Cette dimension intérieure du mal conduit à toutes sortes de souffrances personnelles (culpabilité, addictions, mal-être…).
  • Rupture avec la nature : enfin, la création matérielle elle-même a été maudite à cause du péché. Dieu dit à Adam : « le sol sera maudit à cause de toi… c’est à force de peine que tu en tireras ta nourriture » . La nature, autrefois parfaitement ordonnée, est désormais déséquilibrée. La terre produit des ronces (Genèse 3:18) et résiste à l’homme par le labeur. La mort physique entre dans le cycle de la vie – les corps se dégradent, tombent malades et finissent par mourir (Genèse 3:19). Même les animaux et l’environnement subissent les effets de cette corruption. Comme le dit Paul, « jusqu’à ce jour, la création tout entière soupire et souffre les douleurs de l’enfantement » . Catastrophes naturelles, pandémies et autres maux physiques découlent d’un monde déchu qui n’est plus en parfait équilibre. La création n’est plus hostile en tout, mais elle « a été soumise à la vanité » – une futilité et un dysfonctionnement temporaires – dans l’attente d’une restauration future  .

Souffrance universelle et mort. Ainsi, par le péché originel, le mal sous toutes ses formes a envahi l’expérience humaine. La souffrance – qu’elle soit causée par le comportement mauvais de quelqu’un (mal moral) ou par un accident ou une maladie (mal physique) – est devenue notre lot commun. Personne n’y échappe : « la mort s’est étendue sur tous les hommes, parce que tous ont péché » (Romains 5:12) . Cela ne signifie pas que chaque souffrance particulière est la punition d’un péché précis (Jésus a réfuté cette idée simpliste en Jean 9:3). Mais en général, sans le péché originel, la mort et bien des malheurs n’auraient pas fait partie du plan de Dieu pour l’homme. Le monde tel que nous le voyons – avec sa beauté mais aussi sa cruauté – est un monde dérégulé par le mal. En théologie, on parle de la « Chute » et de la « chute de la création ». Concrètement, cela se voit tous les jours : par exemple, les guerres et la violence viennent de la haine et de l’orgueil humain, tandis que les catastrophes naturelles ou les maladies reflètent la fragilité de notre condition actuelle (souvent aggravée d’ailleurs par la mauvaise gestion humaine de la planète).

Malgré ce tableau sombre, la Bible ne laisse pas l’homme sans espoir. Dès le jour même de la Chute, Dieu a formulé une promesse voilée d’une victoire future sur le mal . Voyons maintenant pourquoi Dieu a permis tout cela et quelle est sa réponse au problème du mal.

Face à la réalité du mal, une question nous hante : si Dieu est bon et tout-puissant, pourquoi ne supprime-t-il pas le mal immédiatement ? Pourquoi permettre les guerres, la souffrance des innocents, les catastrophes ? Il s’agit là du problème du mal qui a fait couler beaucoup d’encre. La Bible n’offre pas une réponse philosophique exhaustive, mais elle donne plusieurs pistes de réflexion qui, ensemble, éclairent la sagesse de Dieu. Voici quelques raisons bibliques pour lesquelles Dieu permet la manifestation du mal pour un temps :

  • Pour respecter la liberté de ses créatures : Comme nous l’avons vu, Dieu a créé les humains et les anges avec le libre arbitre. Son plan n’était pas d’avoir des créatures forcées de l’aimer, mais de vrais partenaires capables de choix. Si Dieu intervenait pour nous empêcher de commettre tout mal, notre liberté serait de fait annulée. Il ne veut pas que nous l’adorions « par obligation », sans choix libre . Un monde où le mal serait absolument impossible serait un monde de marionnettes, pas de personnes responsables. Dieu « n’a pas voulu de robots »  : il nous traite avec dignité en nous laissant la capacité de choisir. Cela implique qu’il permet, sans l’approuver, que nous fassions parfois de mauvais choix. La présence du mal n’est donc pas due à une impuissance ou à une malveillance de Dieu, mais au mauvais usage de la liberté par des créatures. Dieu « a permis la possibilité du mal pour que nous puissions être réellement libres de le servir ou non » .
  • Parce que Dieu est patient et veut sauver le plus grand nombre : Si Dieu éliminait aujourd’hui toute trace de mal, qu’adviendrait-il ? Il devrait juger et exclure du monde tout être ayant commis le mal – et aucun de nous n’en réchapperait, car nous sommes tous pécheurs (Romains 3:23). La Bible révèle que Dieu retarde volontairement le jour du jugement final par patience et miséricorde : « il use de patience envers nous, ne voulant pas qu’aucun périsse, mais voulant que tous parviennent à la repentance » (2 Pierre 3:9). Autrement dit, Dieu permet temporairement le mal afin de laisser aux pécheurs (nous tous) l’occasion de changer de voie et d’être sauvés. « En vertu de sa justice, Dieu va un jour supprimer la souffrance, mais en vertu de sa patience, il laisse encore du temps pour que plusieurs se tournent vers lui » . Chaque jour de plus dans ce monde déchu est un jour de grâce supplémentaire offert par Dieu pour que des vies se tournent vers Christ.
  • Pour accomplir un plus grand bien à travers le mal même : Paradoxalement, Dieu est capable de retourner le mal en bien. Sa sagesse souveraine fait concourir même les actes mauvais à des desseins bienveillants. Un exemple frappant est l’histoire de Joseph dans la Genèse. Ses frères lui ont fait du mal en le vendant comme esclave, mais plus tard Joseph leur dit : « Vous aviez médité de me faire du mal: Dieu l’a changé en bien, pour… sauver la vie à un peuple nombreux » . De même, la mort de Jésus sur la croix – la plus grande injustice de l’histoire – a été transformée en le moyen même du salut du monde, « selon le dessein arrêté… de Dieu » (Actes 2:23). Cela n’excuse en rien le mal commis, mais cela montre que Dieu peut tirer du bien même d’actions mauvaises. La promesse de Romains 8:28 demeure un ancrage pour les croyants : « Nous savons du reste que toutes choses concourent au bien de ceux qui aiment Dieu » . Même les épreuves et les douleurs, Dieu peut s’en servir comme matière première pour un plan plus vaste, souvent invisible sur le moment. On pourrait citer de nombreux témoignages de personnes ayant traversé une souffrance atroce et qui, avec le recul, y ont discerné un aboutissement positif (une transformation personnelle, une mission auprès d’autres, etc.). Cela ne signifie pas que le mal est bien ; non, le mal reste mal. Mais cela signifie que le mal n’a pas le dernier mot et que Dieu sait tisser un plan rédempteur qui finit par prévaloir.
  • Pour nous faire grandir et éprouver notre foi : Dans la perspective biblique, les épreuves peuvent avoir une valeur formatrice. Vivre dans un monde où tout n’est pas facile peut forger des qualités précieuses en nous. L’adversité peut développer la patience, la compassion, la foi profonde. Jacques écrit aux chrétiens : « l’épreuve de votre foi produit la persévérance » , et Paul affirme que « l’affliction produit la persévérance, la victoire dans l’épreuve, et l’espérance » (Romains 5:3-4 ). Sans challenges, notre caractère resterait immature. Comme un muscle qui se fortifie sous la tension, notre âme grandit souvent dans la souffrance surmontée avec Dieu. Bien sûr, cela n’enlève pas la peine sur le moment. Mais avec le recul de la foi, on peut parfois dire comme le psalmiste : « Il est bon pour moi d’avoir été affligé, afin que j’apprenne tes statuts » (Psaume 119:71). En outre, l’existence du mal permet à notre amour d’être authentique : choisir de faire le bien, de pardonner ou d’aider dans un monde déchu donne à ces actes une profondeur qu’ils n’auraient pas dans un monde sans aucune difficulté.
  • Parce que les plans de Dieu nous dépassent : Enfin, nous devons admettre humblement que nous n’avons pas toutes les réponses. Notre compréhension est limitée, là où Dieu voit toutes choses dans une perspective infinie. « Ô profondeur de la sagesse de Dieu ! » s’exclame Paul (Romains 11:33). Même si nous accumulons des raisons et des explications partielles, une part de mystère demeure quant au « pourquoi » ultime du mal. C’est ici qu’intervient la confiance en Dieu. Nous savons qu’il est parfaitement bon et juste – cela a été démontré par Jésus-Christ – donc nous pouvons nous reposer sur son caractère, même quand nous ne comprenons pas tout. La foi, c’est aussi accepter que nos esprits finis ne puissent sonder entièrement les desseins d’un Dieu infini . Comme le dit un auteur, « ce que nous ignorons des plans de Dieu n’annule pas ce que nous savons de son amour ». La Bible nous assure que « tout ce que Dieu fait est saint et parfait » et que finalement ce sera pour sa gloire . Ainsi, nous pouvons choisir de faire confiance à Dieu, même sans réponse immédiate, croyant qu’un jour nous verrons plus clairement (1 Corinthiens 13:12).

En résumé, Dieu permet le mal pour un temps, mais il n’est pas indifférent ni inactif face à lui. Au contraire, comme nous allons le voir, il a déjà apporté une réponse décisive au mal en Jésus-Christ, et il a promis d’ôter le mal pour toujours en son temps. Ces vérités n’enlèvent pas toute la peine du moment présent, mais elles nous donnent des bases solides pour garder l’espérance.

Face à la rébellion de l’humanité et à la propagation du mal, Dieu aurait pu à juste titre exercer un jugement immédiat. Mais la Bible nous révèle que Dieu est amour (1 Jean 4:8) : il a choisi une autre voie, celle du salut. Plutôt que d’abandonner sa création au mal qu’elle avait choisi, Dieu s’est engagé dans un plan de rédemption pour vaincre le mal à la racine et restaurer sa création. Ce plan trouve son accomplissement en la personne de Jésus-Christ.

Promesse d’un Sauveur dès l’origine. Juste après la chute d’Adam et Ève, au milieu même des conséquences prononcées, Dieu fait briller une lueur d’espoir. S’adressant symboliquement au serpent tentateur, il déclare qu’un jour la descendance de la femme lui « écrasera la tête »  – première annonce voilée de la victoire future sur Satan et le mal. Tout l’Ancien Testament va ensuite entretenir cette espérance : la venue d’un Messie, un libérateur envoyé par Dieu pour sauver son peuple de ses péchés et du mal. Les prophètes décrivent ce Messie à venir comme un roi juste, un serviteur souffrant portant nos douleurs (Ésaïe 53), un vainqueur du mal.

Jésus confronte le mal. Lorsqu’enfin Jésus, le Fils de Dieu, vient dans le monde, il s’attaque au mal sous toutes ses formes. Durant son ministère :

  • Il guérit les malades et soulage les souffrants, montrant le cœur de Dieu qui veut restaurer ce qui est brisé. Jésus a compassion des foules, il pleure devant la tombe de son ami (Jean 11:35) – il n’est pas insensible à la souffrance humaine.
  • Il chasse les esprits mauvais qui tourmentent les gens, démontrant son autorité sur Satan et le monde des ténèbres. À plusieurs reprises, Jésus est confronté directement au diable (notamment lors de la tentation au désert, Matthieu 4:1-11) et il en ressort victorieux en s’appuyant sur la Parole de Dieu.
  • Il proclame la vérité et la justice, dénonçant l’hypocrisie et le péché, c’est-à-dire le mal moral. Il prêche l’amour du prochain, le pardon des offenses, renversant la logique de haine qui alimente tant de maux.
  • Signe grandiose, Jésus nourrit les affamés, calme une tempête, ressuscite des morts – autant de signes que le règne de Dieu (où le mal sera aboli) s’est approché en lui.

Dieu souffre avec nous en Christ. Fait remarquable, loin de rester à distance du mal, Dieu en Jésus s’est immergé dans notre condition de souffrance. Jésus a connu la fatigue, la faim, le rejet, la tristesse. Le prophète l’avait annoncé comme « homme de douleur habitué à la souffrance » (Ésaïe 53:3). Au jardin de Gethsémané, il éprouve une angoisse mortelle; sur la croix, il subit des douleurs physiques et morales indescriptibles. Cela signifie que Dieu n’est pas un spectateur distant : en Jésus, Dieu a souffert dans sa chair le mal que nous subissons. « Nous n’avons pas un grand-prêtre incapable de souffrir avec nous de nos faiblesses. Au contraire, [Jésus] a été tenté en tout comme nous, mais sans commettre de péché » . Il peut donc compatir pleinement à nos épreuves. Paul Claudel a pu écrire avec raison : « Dieu n’est pas venu supprimer la souffrance, il n’est même pas venu pour l’expliquer. Il est venu pour la remplir de sa présence » . Jésus sur la croix, c’est Dieu qui s’identifie à nos douleurs et prend sur lui le poids du mal.

La croix : victoire sur le péché et les puissances du mal. Le cœur de la réponse de Dieu au mal se trouve dans la crucifixion et la résurrection de Jésus. À la croix, Jésus porte sur lui le péché du monde (Jean 1:29) : il subit la condamnation que méritait notre mal. Par amour, il se laisse clouer sur le bois et meurt à notre place, offrant le pardon et la purification à tous ceux qui croient en lui. Ainsi, la racine du mal – le péché qui nous séparait de Dieu – est arrachée pour ceux qui acceptent Christ. « Le châtiment qui nous donne la paix est retombé sur lui » (Ésaïe 53:5). En mourant, Jésus a aussi vaincu le diable sur son propre terrain. La Bible dit qu’à la croix, Christ a dépouillé les forces spirituelles mauvaises : « il a désarmé les dominations et les autorités, et les a livrées publiquement en spectacle, en triomphant d’elles par la croix » (Colossiens 2:15) . Cela signifie qu’il a ôté au diable son pouvoir d’accusation en expiant notre faute, et qu’il a brisé en principe la domination du mal sur le monde. Le « serpent » mortel a reçu un coup fatal au Calvaire – sa tête a été écrasée, selon la promesse de Genèse 3:15.

Le troisième jour, Jésus est ressuscité des morts. Par là, il a vaincu la mort elle-même – l’ennemi ultime issu du mal. « La mort a été engloutie dans la victoire » (1 Corinthiens 15:54). La résurrection de Christ garantit qu’un jour, la mort ne sera plus (Apocalypse 21:4). Jésus est le « premier-né d’entre les morts » (Colossiens 1:18), ouvrant la voie d’une nouvelle création libérée du mal.

Le salut et la vie nouvelle. Grâce à Jésus, Dieu offre dès maintenant une réponse personnelle au mal pour chacun de nous. En acceptant Christ par la foi, une personne reçoit le pardon de ses péchés – le mal en elle est pardonné et purifié. Elle reçoit aussi une nouvelle puissance pour vaincre le mal au quotidien : le Saint-Esprit, que Dieu envoie habiter en chaque croyant, aide à triompher des mauvaises habitudes, donne la force d’aimer nos ennemis et de faire le bien même dans l’adversité. Ainsi, un chrétien peut commencer à « surmonter le mal par le bien » (Romains 12:21) dans sa vie personnelle et autour de lui. L’Église (la communauté des chrétiens) est appelée à être la lumière du monde et à combattre le mal par l’amour : secourir les malheureux, pratiquer la justice, annoncer la bonne nouvelle du salut. Historiquement, les chrétiens animés par l’amour de Christ ont fondé des hôpitaux, mis fin à des pratiques injustes, secouru les victimes – autant d’exemples de lutte contre la souffrance inspirée par l’espérance chrétienne  .

En Jésus, Dieu a donc répondu au mal de trois manières : (1) par sa présence compatissante au milieu de nos souffrances (Il est avec nous et nous comprend) ; (2) par sa victoire décisive sur le mal à la croix et au tombeau vide ; (3) par son œuvre de rédemption en nous qui transforme les cœurs et fait reculer le mal dans nos vies et notre monde. Cette réponse atteint son plein accomplissement dans l’espérance finale du royaume de Dieu, où le mal sera complètement aboli.

La Bible se termine sur une promesse extraordinaire : Dieu ne laissera pas le mal gâcher sa création indéfiniment. Il a fixé un jour où le mal sera définitivement vaincu et éradiqué de l’univers. C’est la promesse du Jugement dernier et de la nouvelle création. À la fin des temps, Jésus reviendra dans la gloire pour établir le règne parfait de Dieu. Il jugera Satan, les démons et tous les forces du mal, ainsi que les êtres humains qui auront obstinément refusé la grâce et persévéré dans le mal (Matthieu 25:31-46, Apocalypse 20:10-15). Le mal ne restera pas impuni – la justice de Dieu triomphera.

Pour ceux qui appartiennent à Christ (c’est-à-dire tous ceux qui auront mis leur foi en lui pour le pardon de leurs péchés), Dieu a préparé un monde nouveau où le mal n’existera plus. La Bible décrit ce futur glorieux comme « un nouveau ciel et une nouvelle terre, où la justice habitera » (2 Pierre 3:13). Dans cette création renouvelée, toute trace de mal sera effacée. « Il essuiera toute larme de leurs yeux », promet l’Écriture, « et la mort ne sera plus; il n’y aura plus ni deuil, ni cri, ni souffrance, car le monde ancien aura disparu » (Apocalypse 21:4) . Quelle espérance incroyable ! Plus de maladies, plus de guerres, plus d’injustices ni de catastrophes – le shalom (paix et plénitude) originel de Dieu sera restauré. La création tout entière sera libérée de la corruption pour participer à la glorieuse liberté des enfants de Dieu (Romains 8:21).

Cette promesse d’un monde sans mal est au cœur de l’espérance chrétienne. C’est un soulagement de savoir que la souffrance n’est pas éternelle. Certes, nous ne voyons pas encore ce règne parfait instauré, mais notre foi s’appuie fermement sur la fidélité de Dieu qui tient ses promesses. Pour le croyant, cela change tout dans la manière d’aborder les maux présents : « J’estime que les souffrances du temps présent ne sauraient être comparées à la gloire à venir qui sera révélée pour nous » (Romains 8:18) . Autrement dit, aussi intenses que soient nos douleurs actuelles, elles pèsent peu face au poids de gloire et de bonheur qui nous attend dans la présence de Dieu.

Il est important de souligner que cette espérance n’est pas automatique pour tout le monde sans condition. Dieu « offre » le salut et la vie éternelle à tous, mais nous devons les accueillir par la foi. Dieu « a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils » (Jean 3:16), le chemin du paradis est ouvert, mais chacun est appelé à sortir de sa rébellion et à se tourner vers Dieu en Jésus-Christ pour en bénéficier . Ce serait contradictoire que Dieu fasse entrer de force dans son monde sans mal des personnes qui refusent son règne et perpétuent le mal. En revanche, pour quiconque se repent et croit, la porte est grande ouverte – quelles que soient ses fautes passées, la grâce de Dieu en Jésus efface tout. L’espérance chrétienne est donc à la fois universelle (valable pour tous les peuples) et personnelle (chacun doit s’approprier par la foi cette espérance).

En attendant ce jour glorieux, Dieu ne nous laisse pas seuls. Jésus a promis d’être avec nous « tous les jours, jusqu’à la fin du monde » (Matthieu 28:20). Par son Esprit Saint, il console les cœurs brisés, guérit les âmes blessées et fortifie les faibles. « L’Éternel est proche de ceux qui ont le cœur brisé, Il sauve ceux qui ont l’esprit abattu » (Psaume 34:19) . Nous avons la ferme assurance que rien – ni la souffrance, ni la persécution, ni même la mort – ne pourra jamais nous séparer de l’amour de Dieu en Christ. « Dans toutes ces choses nous sommes plus que vainqueurs par celui qui nous a aimés », déclare Paul, « car j’ai l’assurance que ni la mort ni la vie… ni aucune autre créature ne pourra nous séparer de l’amour de Dieu manifesté en Jésus-Christ notre Seigneur » .

La question du mal demeure en partie un mystère pour notre intelligence limitée, mais la Bible nous donne de quoi y faire face avec espérance. En résumé, le mal trouve son origine dans la rébellion de créatures libres contre Dieu – Dieu n’en est pas l’auteur. Toutefois, Dieu, dans sa souveraineté, a permis le mal pour un temps sans cesser d’être bon. Il accompagne l’humanité dans la souffrance, au point de prendre chair en Jésus pour souffrir avec nous et pour nous. Par Jésus-Christ, il a vaincu le mal à la racine (en offrant le pardon du péché) et a triomphé de la mort. Désormais, quiconque place sa confiance en Jésus reçoit une nouvelle vie capable de résister au mal et la promesse d’un héritage dans un monde renouvelé sans souffrance.

En attendant que Dieu élimine toute trace de mal, nous sommes appelés à tenir ferme dans la foi. Cela signifie continuer à faire le bien malgré le mal, en s’appuyant sur la force de Dieu. Cela signifie aussi apporter du réconfort à ceux qui souffrent, combattre les injustices, pleurer avec ceux qui pleurent – en un mot, être la lumière et le sel (Matthieu 5:13-14) dans un monde obscurci, pour témoigner de l’amour de Dieu. Notre espérance n’est pas un optimisme naïf qui nierait la réalité du mal, mais une espérance vivante fondée sur la résurrection de Christ (1 Pierre 1:3) et sur les promesses certaines de Dieu.

Pour finir, rappelons-nous que Dieu a déjà fixé le terme du mal. Chaque jour qui passe nous rapproche du moment où « le monde ancien aura disparu »  et où Dieu essuiera toutes les larmes de nos yeux. Cette espérance nous donne la force de persévérer aujourd’hui. Nous pouvons dire avec assurance, comme l’apôtre Paul : « Notre légère affliction du moment présent produit pour nous, au-delà de toute mesure, un poids éternel de gloire » (2 Corinthiens 4:17). En Christ, le mal aura la fin de partie que Dieu a décrétée – et c’est le bien qui l’emportera, pour toujours. Amen, viens Seigneur Jésus !

Publié par clayesouilly

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