Pourquoi Dieu a-t-il permis ?

Certaines questions méritent qu’on s’y arrête vraiment.
Elles ne se règlent pas avec une formule pieuse ou un verset lancé en passant.

Trois d’entre elles reviennent souvent :

Essayons d’y répondre une à une, sans détour.

Dieu a choisi de créer des êtres libres

La Bible commence par une affirmation discrète mais décisive : « Dieu créa l’homme à son image » (Genèse 1.27). Or l’image de Dieu, ce n’est pas seulement l’intelligence ou la conscience morale. C’est aussi la liberté. Dieu est libre ; il a voulu que l’homme le soit aussi.

Pourquoi est-ce si important ? Parce que sans liberté, rien de ce qui compte vraiment ne peut exister. Pas d’amour authentique, pas de confiance, pas de relation, pas de fidélité. Une machine qui dit « je t’aime » parce qu’elle est programmée pour le dire ne dit rien du tout. Un enfant qui obéit parce qu’il n’a pas le choix n’est pas un fils, c’est un esclave.

Dieu aurait pu créer des marionnettes parfaitement obéissantes. Il aurait pu fabriquer des êtres incapables de mal faire. Mais il a préféré créer des fils, des partenaires, des vis-à-vis. Et un fils, par définition, peut dire non.

La liberté implique une possibilité réelle de chuter

Voici ce qu’on oublie souvent : une liberté qui ne pourrait choisir que le bien n’est pas une liberté. C’est une contrainte déguisée. Si Adam ne pouvait, par construction, que dire oui à Dieu, alors son oui n’avait aucune valeur. Il fallait qu’un non soit possible pour que le oui ait du sens.

La tentation n’est donc pas un piège tendu par Dieu pour faire tomber l’homme. C’est la conséquence logique d’un monde où la liberté existe vraiment. Là où il y a un choix, il y a deux directions possibles. Sinon, il n’y a pas de choix du tout.

Le rôle du diable

Le tentateur, dans le récit de la Genèse, n’est pas envoyé par Dieu. Le serpent est lui-même une créature déchue, qui a fait son propre choix de se révolter avant l’homme. Quand il apparaît dans le jardin, il vient proposer un chemin alternatif : « Vous serez comme des dieux » (Genèse 3.5).

Remarquons bien : Dieu n’a pas créé le mal, il a créé des êtres libres, et certains, parmi les anges puis parmi les hommes, ont mal utilisé cette liberté. La tentation vient de l’extérieur, mais la chute vient de l’intérieur.

Pourquoi Dieu a-t-il laissé faire ?

Parce qu’une obéissance jamais testée n’est qu’une obéissance théorique. Une fidélité qui n’a jamais affronté la moindre alternative n’a pas encore prouvé qu’elle en était une. Dieu voulait des fils éprouvés, pas des figurines sous cloche.

Et puis il faut le dire franchement : Dieu n’a pas créé Adam pour le voir tomber. Il l’a créé pour vivre avec lui. La tentation était une étape, pas un destin. Adam pouvait dire non au serpent. Il a choisi de dire oui. Ce choix était réel, pas joué d’avance.

Une illustration

Imaginez un père qui apprend à son fils à faire du vélo. Il pourrait le maintenir toute sa vie sur des petites roues. Il pourrait l’attacher au porte-bagages. Mais à un moment donné, s’il veut vraiment que son fils sache rouler, il faut qu’il lâche. Et lâcher veut dire accepter qu’il puisse tomber.

Dieu a lâché. Pas par négligence, mais par amour. Parce qu’il voulait des cyclistes véritables, pas des passagers.

La question la plus dure

C’est probablement la partie la plus difficile à accepter. Et il faut le reconnaître franchement : oui, c’est dur. On a l’impression d’hériter d’une facture qu’on n’a pas signée. D’être condamné avant même d’avoir vécu.

Mais avant de répondre, posons une question : sommes-nous vraiment punis pour le péché d’Adam, ou sommes-nous nés dans une humanité abîmée par lui ? Ce n’est pas la même chose.

Adam représentait toute l’humanité

La Bible enseigne qu’Adam n’était pas seulement un individu : il était le représentant de toute la race humaine. Quand il a chuté, ce n’est pas seulement un homme qui est tombé, c’est la nature humaine elle-même qui a été abîmée.

L’apôtre Paul l’explique ainsi :

« Par un seul homme le péché est entré dans le monde, et par le péché la mort, et ainsi la mort s’est étendue sur tous les hommes, parce que tous ont péché. » (Romains 5.12)

Cette notion s’appelle la « représentation fédérale ». Adam agissait au nom de tous. Un peu comme un président qui signe un traité : il n’est qu’un homme, mais son choix engage tout son pays.

Une image pour comprendre

Imaginez un parent qui contracte une dette énorme. Ses enfants n’ont rien signé, rien voulu. Pourtant, ils naîtront dans une famille pauvre. La dette n’est pas leur faute, mais la conséquence est réelle dans leur vie. Ce n’est pas qu’ils soient condamnés personnellement pour la dette du père ; c’est qu’ils naissent dans un monde marqué par elle.

De la même manière, nous ne sommes pas punis pour le péché précis d’Adam. Nous sommes nés dans une humanité dont la nature a été détraquée. Et très vite, par nos propres choix, nous confirmons cette nature abîmée. Personne n’a besoin d’enseigner à un enfant à mentir, à désobéir, à vouloir tout pour lui. Cela vient tout seul. C’est le signe que quelque chose, en nous, est cassé dès le départ.

La bonne nouvelle cachée dans ce même principe

Voici ce qu’on oublie souvent : ce même principe de représentation joue aussi en notre faveur. Et c’est ici que tout bascule.

Si Adam nous a entraînés dans sa chute sans qu’on l’ait choisi, alors Jésus-Christ peut nous relever sans qu’on l’ait mérité. C’est exactement le raisonnement de Paul :

« Comme par la désobéissance d’un seul homme beaucoup ont été rendus pécheurs, de même par l’obéissance d’un seul beaucoup seront rendus justes. » (Romains 5.19)

Autrement dit : le mécanisme qui paraissait injuste au départ devient, en Jésus-Christ, une bonne nouvelle inespérée. Nous n’avons pas choisi d’être abîmés en Adam, mais nous pouvons choisir d’être restaurés en Christ. La porte de sortie utilise exactement la même logique que la porte d’entrée.

Et concrètement ?

Nous ne pouvons pas refaire le choix d’Adam. Nous ne pouvons pas revenir en arrière. Mais nous pouvons, aujourd’hui, faire un autre choix : nous tourner vers le second Adam, Jésus-Christ, et entrer dans une humanité nouvelle. Ce n’est pas une réparation cosmétique. C’est une recréation.

« Si quelqu’un est en Christ, il est une nouvelle créature. Les choses anciennes sont passées ; voici, toutes choses sont devenues nouvelles. » (2 Corinthiens 5.17)

Renverser la question

La question semble accusatrice : pourquoi Dieu enverrait-il quelqu’un en enfer ? Mais il faut la retourner. La vraie surprise, ce n’est pas que des hommes soient perdus. La vraie surprise, c’est que Dieu en sauve.

Pensez-y : une humanité qui s’est détournée de son Créateur, qui a souillé sa création, qui s’entre-déchire depuis le premier crime, qui refuse souvent jusqu’au bout de revenir à lui — qu’est-ce qui serait le plus étonnant ? Que cette humanité subisse les conséquences de ses choix, ou qu’un Dieu juste lui ouvre une porte de salut ?

Dieu ne se réjouit pas de la perte de qui que ce soit

La Bible est très claire là-dessus :

« Je ne prends pas plaisir à la mort de celui qui meurt, dit le Seigneur, l’Éternel. Convertissez-vous donc, et vivez. » (Ézéchiel 18.32)

« Le Seigneur ne tarde pas dans l’accomplissement de la promesse, comme quelques-uns le croient ; mais il use de patience envers vous, ne voulant pas qu’aucun périsse, mais voulant que tous arrivent à la repentance. » (2 Pierre 3.9)

Dieu n’est pas un juge vexé qui se vengerait d’un affront. C’est un Père qui attend, qui appelle, qui supplie. L’image du fils prodigue, dans Luc 15, est sans doute la plus juste : le père court à la rencontre de son fils dès qu’il le voit revenir, sans lui faire de procès.

Dieu a fait l’impensable

Pour sauver l’humanité, Dieu a fait ce qu’aucune religion n’aurait osé inventer : il est venu lui-même. En Jésus, Dieu s’est fait homme, a vécu notre vie, a porté nos péchés sur la croix, a subi la condamnation que nous méritions.

« Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne périsse point, mais qu’il ait la vie éternelle. » (Jean 3.16)

Le salut n’est pas une récompense pour les gens méritants. C’est un cadeau pour des gens incapables de le gagner. Il est offert gratuitement à quiconque l’accepte, peu importe son passé, ses fautes, ses doutes.

Alors pourquoi l’enfer existe-t-il ?

Parce que Dieu respecte la liberté humaine jusqu’au bout. Y compris quand cette liberté refuse Dieu.

L’enfer n’est pas une punition disproportionnée d’un Dieu rancunier. C’est le respect ultime, et tragique, du choix humain. Dieu ne force personne à passer l’éternité avec lui contre son gré. C.S. Lewis l’a formulé d’une phrase saisissante : il y a, à la fin, deux sortes de personnes. Celles qui disent à Dieu « que ta volonté soit faite », et celles à qui Dieu dit « que ta volonté soit faite ».

Personne n’est envoyé en enfer arbitrairement. Ceux qui s’y trouvent ont refusé, en pleine connaissance ou en pleine indifférence, la main que Dieu leur tendait. L’enfer, fondamentalement, c’est l’absence définitive de Dieu — pour des êtres qui auront, toute leur vie, voulu vivre sans lui.

La gravité du péché

Il faut aussi le dire : si l’enfer est tragique, c’est parce que le péché est grave. Nous avons tendance à minimiser nos fautes, à les comparer à pires que nous. Mais le péché n’est pas seulement un petit travers : c’est une révolte contre celui qui nous a donné la vie. Et une révolte contre un Dieu infiniment bon a, par nature, une dimension infinie.

Heureusement, le sacrifice du Christ a, lui aussi, une valeur infinie. Il suffit donc parfaitement à couvrir n’importe quelle vie, n’importe quelle faute, n’importe quel passé. Personne n’est trop loin pour Dieu.

Une dernière phrase, pour finir. Dieu n’est pas un problème à résoudre. C’est une personne à rencontrer.

Et cette personne, en Jésus-Christ, vous tend la main aujourd’hui.

Publié par clayesouilly

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